Une lunette d’arbalète ne se règle pas comme une lunette de carabine. Elle comporte plusieurs réticules étagés, censés correspondre à des distances croissantes — mais leur espacement n’a de sens que pour une vitesse donnée. Montée sur une arme plus lente, la même lunette devient un instrument de mesure faux.
Le principe du réticule multi-distances
Le réticule supérieur sert de référence, généralement calé à 20 mètres. Les traits inférieurs compensent la chute à 30, 40, 50 mètres. Leur écartement est calculé pour une vitesse de sortie précise, souvent 320 ou 350 fps selon les modèles.
D’où le problème : si ton arbalète sort à 245 fps, la chute réelle est bien plus forte que celle prévue par le fabricant de la lunette. Le second trait, marqué « 30 m », correspondra en réalité à 25. Aucun réglage ne corrige cet écart — on ne peut que mesurer à quelle distance chaque réticule tombe juste, et retenir ces valeurs-là.
Avant de tirer le premier trait
- Serrer le montage. Une lunette qui bouge d’un dixième de millimètre déplace l’impact de plusieurs centimètres. Les vis de colliers se contrôlent avant chaque séance.
- Peser ses traits. Tous doivent être au même grainage, pointe comprise. Un écart de 25 grains suffit à disperser un groupement.
- Employer des pointes d’entraînement du poids exact des pointes de chasse. C’est la condition de tout le reste — régler avec des 100 grains pour chasser avec des 125 rend le réglage caduc.
La méthode, dans l’ordre
1. Partir de court. Premiers tirs à 10 mètres, simplement pour amener les impacts sur la cible. On corrige grossièrement, sans chercher la précision.
2. Régler le réticule supérieur à 20 mètres. C’est la distance de référence. Tirer des groupes de trois, jamais de coups isolés : un trait seul ne dit rien, trois traits disent où l’arme envoie réellement.
3. Corriger par le centre du groupe, pas par le dernier impact. C’est l’erreur la plus commune : on poursuit un trait égaré et on dérègle une arme qui était juste.
4. Mesurer les autres réticules au lieu de leur faire confiance. Une fois le premier calé, tirer à 25, 30, 35 mètres et noter à quelle distance chaque trait inférieur tombe juste. C’est ce tableau-là, propre à ton arme, qui sert sur le terrain — pas les graduations imprimées sur la lunette.
Le tableau MOA
Les tourelles se graduent en MOA, minutes d’angle. Une minute d’angle couvre environ 2,9 cm à 100 mètres, donc proportionnellement moins à courte distance : environ 0,6 cm à 20 mètres.
Concrètement, sur une tourelle au quart de MOA, un clic déplace l’impact d’environ 1,5 mm à 20 mètres. Corriger un écart de 6 cm demande donc une quarantaine de clics — ce qui surprend toujours ceux qui viennent de la carabine, où quelques clics suffisent. À courte distance, les corrections sont longues, c’est normal.
Ce qui dérègle une lunette
Un réglage tient si rien ne change. En pratique, quatre choses le ruinent : un changement de poids de trait ou de pointe, une corde neuve — qui modifie la vitesse de plusieurs fps —, un choc sur le montage, et l’usure de la corde, qui fait perdre de la vitesse progressivement sans qu’on s’en aperçoive.
D’où l’usage : trois traits de contrôle à 20 mètres avant chaque sortie sérieuse. Trente secondes qui évitent de découvrir le problème au mauvais moment.
Pour ce que ces distances impliquent réellement en situation, voir quelle distance de tir à l’arbalète. Pour le reste du matériel, accessoires pour la chasse à l’arbalète.
